Canada

Québec – Côte nord

16 juin

Nous souhaitions visiter près de Baie-Comeau le barrage hydroélectrique Manic 2 d’Hydroquébec, mais les visites au public ne débutent que le 24 juin.

Réveillés tôt par les enfants, nous poursuivons donc notre itinéraire et partons avant 9h en direction de Les Escoumins.

Arrêt wifi en cours de route pour mettre à jour le site internet. La pluie fait son apparition et nous accompagnera jusqu’en fin d’après-midi.

Une fois arrivés aux Escoumins, il s’avère que le centre de découverte du milieu marin et le centre d’interprétation et d’observation du cap de Bon-Désir, que nous voulions visiter, sont fermés. La saison touristique n’a pas encore commencé. Renseignement pris, leur ouverture est prévue pour le lendemain, 17 juin.

Nous décidons de rester aux Escoumins pour y aller demain. Nous musclons l’école et y consacrons l’essentiel de l’après-midi.

En fin de journée, nous sortons nous balader le long de la côte et tombons nez à nez avec au moins deux baleines évoluant vraiment très près du bord, à une quinzaine de mètres. Elles feront plusieurs dizaines d’apparitions majestueuses, pendant une bonne demi-heure, avant de disparaitre concomitamment à l’arrivée d’un cargo (coïncidence ou lien de cause à effet ?).

Stella : « J’ai vu des baleines. Elles étaient grosses. Ca m’a plu. »

Justine : « J’ai vu des baleines. Elles étaient petites et grises. On les a vues plusieurs fois. C’était rigolo. Il y a des fois on les a vu plus petites et des fois plus grandes. C’était parce qu’elles ne sortaient pas toujours la même partie du corps. Le gros bateau a fait partir les baleines et Clara a dit que le bateau était méchant. »

Maxime : « Les baleines étaient de taille moyenne. Ce n’étaient pas les baleines bleues car elles avaient des nageoires sur le dos. Les baleines bleues n’en ont pas. Le gros cargo a traversé le fleuve St-Laurent. Il faisait beaucoup de bruit. Il a effrayé des baleines du coup on n’a pas pu continuer à les regarder. »

Clara : « On a vu des baleines. Elles étaient plutôt petites je crois.  C’était difficile de les prendre en photo. Elles se montraient et elles replongeaient sous l’eau.

Nous stationnons pour la nuit à la pointe à la Croix, face au Saint-Laurent.

17 juin

Nous commençons par le Centre de découverte du milieu marin, dont la saison d’ouverture commence aujourd’hui. L’exposition est très bien, et les guides sont là pour nous donner des explications. Maxime demande comment on fait pour étudier les baleines. Apparemment c’est difficile. Il existe des balises pour les suivre. Mais d’une part c’est cher et d’autre part il faut une grosse batterie, et quand elles plongent on perd le signal GPS. On aurait aimé savoir plus de choses sur ces créatures.

A cet endroit le fond du Saint-Laurent remonte de plus de 300 m de profondeur à 25 m. Cette remontée des fonds plus les courants des marées qui rencontrent le courant de la rivière font qu’il y a une remontée des eaux des profondeurs, riches à la fois en nutriments et en oxygène. D’où l’abondance de zooplancton, et par conséquent de phytoplancton, qui fournit la subsistance à des nombreux petits poissons et aux baleines.

Nous apprenons que les créatures observées hier sont des rorquals. De la terrasse du centre, nous voyons de nouveau des baleines du même type que la veille mais aussi un béluga plus loin dans la baie. Et puis des têtes de quelques phoques apparaissent comme des ballons noirs sur la surface de l’eau, avant de plonger à nouveau.

Le Québec a fait des efforts pour réduire la pollution de ses rivières. Malheureusement, si les cours d’eau sont rapidement nettoyés par les courants, dans la vase du Saint-Laurent les déchets toxiques restent piégés pour de nombreuses années sinon à jamais.  Les polluants se retrouvent dans les petites créatures qui vivent dans la vase (et même aujourd’hui ils dépassent largement les limites jugées acceptables). Les bélugas, qui se nourrissent des habitants de la vase, se trouvent ainsi contaminés.

Nous nous rendons ensuite au centre d’interprétation et d’observation du cap de Bon-Désir, à Les Bergeronnes. Nous voyons de nouveau depuis la côte des baleines du même type, puis un groupe d’une dizaine de phoques du Groenland.

Nous y rencontrons fortuitement un couple de voyageurs français avec deux enfants, que nous avions rencontrés début mai à Anvers en Belgique au moment de déposer notre camping-car au port, et avec qui Nicolas avait partagé un taxi entre le port et la gare d’Anvers…

Après tout ça, nous poussons jusque Tadoussac qui n’est plus qu’à une demi-heure de route. Nous bivouaquons à l’écart du centre, avec une vue à couper le souffle sur le Saint-Laurent, sans aire de jeux… mais avec du sable comme à la plage, ce qui conviendra aussi très bien.

18 juin

Nous avons besoin de faire les courses. Ça ne devrait pas être compliqué, ici les supermarchés sont ouverts 7 jours sur 7, généralement de 8h à 22h.

Tadoussac, internationalement connu, est un village de 830 habitants où il n’y a qu’une petite supérette. Ca fera l’affaire. Sous une pluie battante ce matin, nous cherchons et trouvons la supérette qui, pour la première fois de notre séjour, n’a pas de parking. Pas grave, il y a plein de places libres devant dans la rue et nous stationnons donc sur l’une de ces places. Ecole pendant que Nicolas et Justine font les courses.

Arrive pendant l’école, en ce dimanche matin, une policière municipale décidée à dresser un PV à moins que nous ne déplacions sur le champ le camping-car. Nous n’aurions pas respecté l’interdiction de stationnement pour les camping-cars, que sous la pluie et occupés à chercher le magasin et une place de stationnement, nous n’avions pas vue. Maxime vient chercher Nicolas dans le magasin, on laisse tout sur place, et on se déplace dans la 2ème rue à gauche pour y stationner côté gauche, qui lui serait autorisé au camping-car (mais pas côté droit, réservé aux voitures). Problème : la signalisation présente ne correspond pas avec ce que la policière nous a indiqué, il y a plein de places sur la gauche, mais réservées à la clientèle d’un hôtel. Elle nous a dit, de nous y garer, nous nous y garons. De plus les courses sont bientôt finies… A peine sortis du véhicules, la policière, qui avait dû nous suivre (?)  revient et nous dit que ce n’est pas autorisé là non plus. On lui répond qu’on a pris la 2ème à gauche comme elle nous avait indiqué. Elle répond qu’on aurait dû comprendre la 3ème car la première ne comptait pas (on n’a toujours pas compris pourquoi). Il a fallu bouger une nouvelle fois, et ça commençait à faire loin du magasin lorsqu’il s’agit de ramener à pied les courses pour 6 personnes sous une pluie battante…

On n’a toujours pas compris qui cela dérangeait car il n’y avait pas foule à Tadoussac.

Moralité pour les camping-caristes : préférez Les Escoumins ou les Bergeronnes plutôt que Tadoussac, vous y serez bien mieux accueillis !

La pluie cesse vers midi, nous allons en début d’après-midi à pied à la Pointe Rouge pour notre 3ème jour de baleines. Sur place, nous patientons 15 minutes, rien. On se décide à partir. Après quelques pas en direction du retour, Nicolas se retourne et aperçoit une baleine.

Nous revenons sur nos pas et assistons rien que pour nous à 45 minutes de festival de la part de 2 baleines, qui ont à plusieurs reprises sauté hors de l’eau en vrillant.

Nous rentrons ensuite puis route jusque La Baie via Sainte-Rose-du-Nord où on n’a pas trop pu apprécier les paysages du fjord de Saguenay en raison de la brume.